Arda Yigit et la conception de nouveaux robots mécaniquement adaptés au contact avec l’environnement
Arda Yigit a rejoint en 2025 le Laboratoire des sciences du numérique de Nantes (LS2N - CNRS/École Centrale de Nantes/Nantes Université) en tant que chargé de recherche CNRS.
Quel est votre domaine de recherche ?
Arda Yigit : Je travaille en robotique, et plus précisément sur la conception de nouveaux robots mécaniquement adaptés au contact avec l’environnement. Mon objectif est de développer des robots sous-actionnés qui non seulement tolèrent ce contact, mais en tirent parti. Plutôt que de lutter contre leurs interactions avec le monde qui les entoure, ces robots les exploitent comme une ressource supplémentaire. Par exemple, un robot déformable pourrait s’appuyer sur un mur pour ajuster sa forme et atteindre une configuration inaccessible par ses seuls actionneurs, faisant de l’environnement un véritable partenaire mécanique.
Qu’avez-vous fait avant d’entrer au CNRS ? Pourquoi avoir choisi le CNRS ?
A.Y. : J’ai suivi des études d’ingénieur en mécatronique à l’INSA Strasbourg, complétées par un double diplôme en master recherche en robotique à l’Université de Strasbourg. Je suis également titulaire d’une licence de mathématiques. Au cours de mon cursus, plusieurs stages en laboratoires m’ont donné le goût de la recherche et m’ont conduit à préparer une thèse à Strasbourg, consacrée à la conception d’un robot manipulateur aérien suspendu par un ressort, afin d’améliorer son efficacité énergétique. J’ai ensuite effectué un post-doctorat de deux ans à l’Université Laval, au Canada, sur l’interaction physique humain-robot. C’est durant ma thèse que j’ai découvert les concours de chercheur, notamment ceux du CNRS. J’ai été séduit pour deux raisons principales : la possibilité de poursuivre une activité scientifique de création de connaissances, et l’opportunité d’intégrer la fonction publique, à laquelle je suis attaché.
Qu’est-ce que qui vous a amené à faire des sciences informatiques ?
A.Y. : Le besoin, tout simplement. Il me semble inimaginable aujourd’hui de faire de la science sans jamais passer par des résolutions numériques. Passionné par les mathématiques et notamment par la résolution d’équations, je me rappelle de mon étonnement quand j’ai découvert le théorème d’Abel sur l’absence de solutions générale pour les polynômes d’ordre supérieur à 5. J’ai développé alors un goût pour l’algorithmique, afin de calculer numériquement des solutions approchées pour les équations que je ne sais pas (et que même Maple ne sait pas) résoudre… C’est-à-dire la quasi-totalité des équations.