International Research Project (IRP) / Projet de recherche international
Les International Research Project (IRP) sont des projets de recherche collaborative établis entre un ou plusieurs laboratoires du CNRS et des laboratoires d’un ou deux pays étrangers.
Ces projets permettent de consolider des collaborations déjà établies à travers des échanges scientifiques de courte ou moyenne durée. Ils ont pour objet l’organisation de réunions de travail ou de séminaires, le développement d’activités de recherche communes y compris des recherches de terrain, et l’encadrement d’étudiants. Les équipes françaises et étrangères doivent avoir déjà démontré leur capacité à collaborer ensemble (par exemple par une ou plusieurs publications communes). Ces programmes sont d’une durée de 5 ans.
Avec 15 IRP, CNRS Sciences informatiques a mis en place des collaborations stratégiques à l'échelle internationale :
ADONIS au Liban
L'IRP Approches de Diagnostic et de cONtrôle Intelligent des Systèmes (ADONIS), 2020-2025, porte sur le diagnostic et le contrôle intelligent des systèmes. Il associe des chercheurs de quatre organismes partenaires : Université de technologie de Compiègne (UTC), Faculté de Génie – Université Libanaise (UL), CNRS France et CNRS Liban, ayant des centres d’intérêt communs et une volonté de collaborer dans les domaines du contrôle, de l’analyse des données, de la maîtrise des incertitudes et ceci dans plusieurs cadres d’études, comme notamment les systèmes biomédicaux et les systèmes de transport. Trois unités de recherche UTC/CNRS sont impliquées dans cet IRP : laboratoire Heuristique et diagnostic des systèmes complexes (Heudiasyc - CNRS/Université de technologie de Compiègne), laboratoire Roberval - Unite de Recherche en Mecanique, acoustique et matériaux (Roberval - CNRS/Université de technologie de Compiègne) ainsi que le laboratoire Biomécanique et Bioingénierie (BMBI - CNRS/Université de technologie de Compiègne).
Après de longues années de collaboration entre ces établissements, et notamment entre l’UTC et l’UL depuis 1997, ce projet vise à consolider et pérenniser cette collaboration, à élargir son périmètre à de nouvelles thématiques de recherche, et à augmenter son attractivité et sa visibilité.
Le projet scientifique s’articule autour de deux axes théoriques, et de trois domaines d’ingénierie :

Voir aussi : « Pérenniser et amplifier la collaboration scientifique franco-libanaise »
APIER en Grèce
Un des grands challenges actuels en interaction enfant-robot dans un cadre éducatif est de permettre un apprentissage interactif efficace et bénéfique sur la durée. Le robot doit s’adapter en ligne aux différents enfants et à leurs progrès. En retour, l’enfant doit progresser dans son apprentissage par le biais de l’interaction avec le robot. Le but de l’IRP nom déroulé (APIER) porté par l’Institut des systèmes intelligents et de robotique (ISIR – CNRS/Sorbonne Université) est de consolider un partenariat avec l’Université polytechnique d’Athènes. Ces dernières années, les scientifiques de l’ISIR ont fait un travail pionnier de mise en œuvre de capacités d’apprentissage en ligne de robots humanoïdes, au cours de l’interaction avec des enfants au développement typique ou avec des troubles du spectre autistique. Il s’agit maintenant de démontrer que ceci apporte un bénéfice éducatif significatif sur la durée par rapport à des robots préprogrammés.
DCBD au Chili et en Argentine
FAIRGAME au Maroc
L'IRP Game Theory for Market Design, AI and Fairness (FAIRGAME) vise à développer des outils de théorie des jeux et de choix social pour concevoir des mécanismes équitables dans les marchés, l’IA et les systèmes collectifs. Créé en janvier 2026, il implique des unités du Laboratoire d'analyse et de modélisation de systèmes pour l'aide à la décision (LAMSADE - CNRS/Université Paris Dauphine - PSL) et du Moroccan Center for Game Theory (MCGT, UM6P).
L'objectif de l'IRP FAIRGAME est de structurer un pôle international de recherche en théorie des jeux à l’interface des mathématiques, de l’économie et de l’informatique (design de mécanismes et de marchés, apprentissage multi-agents, équité et robustesse en IA). Tout au long de ses actions, l'IRP est amené à réaliser des mobilités scientifiques, des co-encadrements de thèses, des écoles thématiques, des séminaires internationaux.
Porteurs : Jérôme Lang, directeur de recherche CNRS au LAMSADE et Rida Laraki, directeur de recherche CNRS détaché au MCGT/UM6P.
Participants clés : O. Gorelkina, A. Kushnir, B. Missaoui, O. Saadi, N. Touzi, A. Abbou ; P. Cardaliaguet, G. Carlier, Y. Chevaleyre, L. Gourvès, S. Moretti, D. Peters, R. Sanver, G. Vigeral, B. Ziliotto, J. Renault ; J. Hartline, E. Elkind, J. Correa, P. Mertikopoulos.
GeoGen3DHuman en Italie
L’IRP Geometric Deep Learning and Generative Models for 3D Human (GeoGen3DHuman) entre l’UMR CNRS Centre de Recherche en Informatique, Signal et Automatique de Lille (CRIStAL - CNRS/Université de Lille/ Centrale Lille) et Media Integration and Communication Center (MICC) de l’Université de Florence est une recherche conjointe et une collaboration dans le domaine de la vision par ordinateur et de l'intelligence artificielle. L'objectif principal de GeoGen3DHuman est de développer des modèles génératifs fondés sur des principes mathématiques pour l'apprentissage profond dans des domaines non-euclidiens tels que les graphes et les maillages 3D. GeoGen3DHuman aborde certains des problèmes les plus difficiles dans différents domaines tels que la vision par ordinateur et l’informatique graphique, où les modèles génératifs jouent un rôle très important. Le sujet de recherche lui-même est très opportun en termes de besoin et d'applicabilité des systèmes visés.
Plus précisément, cet IRP développe des techniques pour l'apprentissage profond géométrique sur des maillages 3D, les modèles génératifs dans des domaines non-euclidiens et les applications qui utilisent des modèles 3D du visage et du corps humain.
Mots clés : intelligence artificielle, apprentissage profond géométrique, humain 3D/4D.
JOROWILA aux États-Unis
Métrololises au Brésil
MLNS2 au Cameroun
L'IRP Machine Learning, Network, System and Security (MLNS2) s'intéresse à la cybersécurité, qui est une thématique de recherche extrêmement importante aussi bien au Cameroun qu'en France. Il s'intéresse principalement à deux problèmes : la prolifération des malwares sur les smartphones et la fraude aux appels téléphoniques dont souffrent plusieurs pays africains.
Créé en 2022, MLNS2 associe en France le CNRS et plusieurs laboratoires à savoir le Laboratoire d'Informatique en Images et Systèmes d'Information (LIRIS - CNRS/INSA de Lyon/Université Claude Bernard Lyon 1), le Laboratoire d’Informatique de Grenoble (LIG, CNRS/Université Grenoble Alpes), l'Institut de recherche en informatique et systèmes aléatoires (IRISA - CNRS/Université de Rennes 1), et au Cameroun l'Université de Yaoundé I et ses laboratoires d'informatique.
Mots-clés : sécurité, système d'exploitation, machine learning, réseaux, privacy.
MS-2RP aux États-Unis
L'IRP Montpellier-Stanford Robotic Research Project (MS-2RP) est issu d'un partenariat entre le Laboratoire d'Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (LIRMM - CNRS/Université de Montpellier) et Stanford University. Son objectif pour les années à venir est articulé autour de collaborations selon les trois axes principaux présentés ci-dessous :
- robotique sous-marine,
- robotique médicale,
- web sémantique.
À terme, cette collaboration a pour objectif de s’élargir à d’autres sujets comme les interactions humain-robot, les applications biomédicales, la science des données, etc.
NEUROCON aux Pays-Bas
L’ingénierie neuromorphique vise à concevoir des architectures de calcul inspirées de la structure et du fonctionnement des systèmes neuronaux biologiques fondées sur des neurones impulsionnels et un traitement événementiel de l’information. Leur parallélisme massif, leur faible consommation d’énergie et leurs remarquables capacités d’adaptation pourraient révolutionner notre façon de piloter les systèmes dynamiques. Dans ce contexte, l’objectif de l’IRP NEUROCON est de développer des outils méthodologiques issus de la théorie des systèmes dynamiques hybrides pour le contrôle neuromorphique. Le projet a débuté en janvier 2026 et rassemble des membres du Centre de recherche en automatique de Nancy (CRAN - CNRS/Université de Lorraine) et de l'Université technique d'Eindhoven (Pays-Bas).
Porteurs : Romain Postoyan, directeur de recherche CNRS au CRAN, Maurice Heemels, professeur à l'Université technique d'Eindhoven.
Participants : J. Daafouz, M. Giaccagli, M. Jungers, J. Kreiss, J. Lohéac, P. Lorenzetti, I.C. Morarescu (CRAN); E. Petri, F. Shakib, E. Steur, S. van den Eijnden, N. van de Wouw (TU/e).
OPTIROB en Tchéquie
L'IRP Optimization, Control, Robotics and Vision (OPTIROB) résulte de la campagne de 2025 pour une durée de cinq ans (2026-2030). Il implique des unités en France, le Laboratoire d'analyse et d'architecture des systèmes (LAAS-CNRS), et en Tchéquie, l'Université Technique Tchèque de Prague (CVUT). L'IRP OPTIROB formalise une collaboration de près de 30 ans entre Toulouse et Prague. Il s'appuie sur la complémentarité entre l'expertise du LAAS-CNRS en optimisation mathématique (notamment la hiérarchie moment-SOS) et les compétences du CVUT dans les domaines de la vision par ordinateur, de la mécanique et de la production industrielle. Le projet vise à développer des algorithmes d'optimisation globaux et scalables pour résoudre des problèmes d'ingénierie complexes en robotique, par la résolution de la cinématique inverse pour robots à haut degré de liberté et contrôle prédictif (MPC) assisté par la vision, en mathématiques avec l'optimisation sous contraintes d'équations aux dérivées partielles (EDP) et mécanique des milieux continus et en recherche opérationnelle avec l'ordonnancement industriel sous incertitude et théorie des jeux multi-agents.
L'IRP soutient une dynamique de recherche intégrée :
- Mobilité : échanges de doctorants, post-doctorants et chercheurs seniors entre les deux sites.
- Formation : co-supervision de thèses en cotutelle et organisation de workshops annuels conjoints.
- Innovation : transfert de méthodes théoriques vers des applications concrètes (conception de structures, manipulation robotique adaptative).
Porteurs : Didier Henrion, directeur de recherche CNRS au LAAS-CNRS, et Zdeněk Hanzálek, professeur à la CVUT
Participants clés : M. Korda, C. Artigues, N. Mansard (France) ; Z. Hurák, M. Kružík, T. Pajdla, J. Šivic (Tchéquie)
PhraseoPrag au Japon
L’IRP PhraseoPrag (Modelling Everyday Conversation’s French and Japanese Pragmatic Phraseologisms) (2026-2031) repose sur une collaboration paritaire, internationale et pluridisciplinaire (linguistique française et japonaise, TAL, IA didactique) entre 5 équipes issues de 7 universités françaises et japonaises : le Laboratoire d'informatique de Paris-Nord (LIPN - CNRS/Université de Sorbonne Paris Nord), le LIDILEM, l'Université Grenoble Alpes, l'Université Lyon Jean Moulin, l'Institute of Global Studies,Tokyo University of Foreign Studies, University of Fukuoka, Center for Education (Faculty of Innovative Management Science), Chiba Institute of Technology, Research Faculty of Media and Communication (RFMC), University of Hokkaido.
Le projet vise à concevoir une base de données multilingue (français–japonais) dédiée aux phraséologismes, pensée à la fois comme ressource lexicographique et comme corpus exploitable en traitement automatique des langues (TAL). La ressource, accessible à différents publics (apprenantes, apprenants, enseignantes, enseignants, traducteurs, traductrices, chercheurs et chercheuses), proposera des descriptions multimodales fondées sur des données authentiques (interactions orales, échanges sur les réseaux sociaux, etc.), structurées et annotées pour un usage computationnel. Enfin, le projet vise explicitement des applications en TAL : les données collectées et enrichies permettront d’entraîner, d’adapter et d’évaluer des modèles sur des phénomènes linguistiques complexes, notamment les expressions idiomatiques et les variétés non standard, en particulier dans des contextes d’interactions quotidiennes, orales ou médiées.
Porteuse : Aude GREZKA, ingénieure de recherche au LIPN
SANTAI au Canada
L’intelligence artificielle (IA) en santé promet une médecine plus précise et personnalisée, mais son adoption clinique reste limitée. Les principaux freins sont le manque de généralisation, la faible robustesse et l’opacité des décisions. L’IRP Fiabilisation et transparence des modèles d’intelligence artificielle en santé (SANTAI) vise à développer des solutions innovantes en IA intégrant des connaissances spécifiques au domaine médical. L’objectif est de renforcer la généralisation et la transparence des mécanismes décisionnels, considérés comme des leviers clés pour assurer un transfert clinique fiable. Les méthodes développées seront évaluées dans le cadre du diagnostic des pathologies cardiaques et neurodégénératives, deux domaines à fort impact en santé publique.
Créé en 2026, SANTAI associe en France le Centre de recherche en acquisition et traitement de l'image pour la santé (CREATIS-CNRS/INSA Lyon/Inserm/Université Claude Bernard Lyon 1) et, au Canada, les laboratoires VITALab et SNAIL, rattachés à l’Université de Sherbrooke.
Porteur : Olivier Bernard, professeur à l'INSA de Lyon et membre du CREATIS
SINFIN en Argentine
Les recherches menées dans le cadre de l'IRP Systèmes, vérIfication, iNformatique Fondamentale, logIque, laNgages (SINFIN) portent sur l’utilisation de méthodes formelles dans la mise en oeuvre de théories et d’outils automatiques servant à la modélisation, la vérification et le développement de logiciels complexes.
Créé en 2019, SINFIN succède au LIA Infinis qui avait débuté en 2011. Il associe le CNRS, l’Université Paris Diderot, le Consejo Nacional de Investigaciones Científicas y Técnicas (CONICET) et l’Université de Buenos Aires.
Voir aussi : Signature de renouvellement du LIA INFINIS
Le Trójkąt en Pologne
Varsovie, Paris et Bordeaux sont des centres majeurs de recherche en théorie des automates, logique et théorie des jeux. L’IRP Le Trójkąt (triangle, en polonais) vise à structurer et développer ces collaborations, renforçant les liens historiques entre la France et la Pologne dans ces domaines. Depuis les années 1990, des figures comme Damian Niwinski, Igor Walukiewicz et André Arnold ont contribué à ces échanges. Des succès récents incluent la résolution de problèmes complexes comme la complexité de l’accessibilité dans les réseaux de Petri et des jeux de parité, grâce aux travaux des équipes de l'Université de Varsovie, de l'Institut de recherche en informatique fondamentale (IRIF - CNRS/Université de Paris) à Paris, et du Laboratoire bordelais de recherche en informatique (LaBRI - CNRS/Bordeaux INP/Université de Bordeaux) à Bordeaux. L'IRP Le Trójkąt vise à étendre ces collaborations au-delà du triangle Paris-Bordeaux-Varsovie, impliquant d'autres institutions en France et en Pologne. Par l'organisation d'événements scientifiques et le soutien à la recherche, le projet encourage la coopération pour relever les défis majeurs en informatique fondamentale.