Christophe Dhénaut, un chef d’orchestre au service de la science
Christophe Dhénaut, ingénieur de recherche CNRS et directeur des services du Laboratoire d’informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier (LIRMM - CNRS/Université de Montpellier), pilote l’organisation administrative et technique de son unité pour permettre aux chercheurs et chercheuses de se consacrer pleinement à leurs travaux. Un travail essentiel récompensé par la médaille de cristal du CNRS.
Un laboratoire atteint son plein potentiel quand les chercheurs et chercheuses peuvent se consacrer pleinement à leur mission. C’est la philosophie de Christophe Dhénaut, directeur des services du LIRMM. À la tête d'une équipe de 44 personnes et de sept services, il forme avec la direction scientifique un binôme clé pour animer les 420 membres du LIRMM. Un rôle de chef d’orchestre indispensable pour que la recherche puisse se déployer sans accroc.
Son parcours ne le prédestinait pas pour autant à ce métier. Docteur en physico-chimie moléculaire, formé à l’université Paris-Sud Orsay, il suit en parallèle des cours du soir au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) en gestion de la recherche. « Devenir chercheur, je ne l’ai jamais vraiment envisagé, confie-t-il. J’imaginais une trajectoire d’ingénieur de recherche avant une évolution vers l’administration ». Mais le contexte de l’emploi accélère les choses. Très tôt, il bifurque vers l’accompagnement. Il participe d’abord à la création de l’association Science Accueil sur le plateau de Saclay, puis coordonne des actions de communication au CNRS. Lorsqu’il rejoint l’Institut d’Alembert, il découvre un terrain à la hauteur de ses ambitions : structurer une fédération interdisciplinaire, piloter la construction d’un bâtiment, mettre en place des outils et des services. « Il y avait tout à construire », résume-t-il.
Cette diversité, et son goût pour les projets complexes, le conduisent finalement au LIRMM en 2009. Il y trouve un défi à plus grande échelle : piloter une unité pluridisciplinaire en pleine croissance. Aujourd’hui, son rôle dépasse la seule gestion administrative. Il coordonne les services financiers, ressources humaines, informatiques, logistiques et de valorisation, en parfaite synchronisation avec la direction scientifique pour en faire des leviers au service de la recherche. « Mon rôle est de faciliter le travail des scientifiques en assurant que tout le reste fonctionne au mieux », résume-t-il.
Au quotidien, cela signifie anticiper, arbitrer, organiser. Mais aussi gérer un budget de plusieurs millions d’euros, suivre des centaines de contrats, accompagner des réorganisations, adapter en continu outils et procédures. Christophe Dhénaut orchestre l’ensemble de ces missions. Mais sa spécificité tient surtout à sa vision globale. « Ma plus-value, c’est de poser les bonnes questions, explique-t-il. J’adopte une posture “candide” pour anticiper les besoins et encourager des approches transversales bénéfiques à plusieurs équipes du laboratoire, comme par exemple autour de nouveaux profils experts en intelligence artificielle ».
Son métier évolue au rythme de la science. Complexification des financements, multiplication des outils, transformations institutionnelles : le fonctionnement de la recherche s’est densifié. Dans ce contexte, son rôle d’interface devient crucial. « Il faut en permanence évaluer les impacts et préparer les changements », souligne-t-il. Un travail qui, bien que constamment en interaction, reste isolé.
Sa médaille de cristal du CNRS prend alors une résonance particulière. « C’est une vraie reconnaissance du travail accompli, confie Christophe Dhénaut. Une manière aussi de mettre en lumière ces métiers de l’ombre, essentiels au fonctionnement des laboratoires – et dont l’efficacité se mesure justement au fait que nous ne les voyons pas ».