Gabrielle De Micheli récompensée par un prix L’Oréal-Unesco pour ses travaux en cryptographie

Distinctions Informatique

Après une thèse au Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications (Loria - CNRS/Université de Lorraine/Inria), Gabrielle De Micheli a rejoint l’Université de Californie à San Diego d’où elle a appris l’obtention du prix jeunes talents France L’Oréal-UNESCO pour les femmes et la science. La chercheuse se voit ainsi confortée dans ses travaux en cryptographie, où elle teste et améliore les défenses des protocoles de sécurité informatique.

Alors que le prix L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science récompense chaque année cinq chercheuses internationales, une par région du monde, des distinctions plus spécialisées sont également décernées. Gabrielle De Micheli compte parmi les lauréates du prix « Jeunes talents France ». Actuellement post-doctorante à l’Université de Californie à San Diego, sous la direction du professeur Daniele Micciancio, elle démarre une brillante carrière de chercheuse en cryptographie.

« Je n’avais pas spécialement d’idée pour la suite quand j’ai commencé à étudier les mathématiques, avoue Gabrielle De Micheli. J’ai ensuite découvert le monde fascinant de la recherche. C’est incroyable que l’on puisse avoir comme métier le fait de se poser des questions et d’essayer de les résoudre. J’aime également sa facette internationale, malheureusement réduite en ce moment par la pandémie. J’adore partir présenter mes travaux en conférences et discuter de problématiques scientifiques avec de nouveaux collègues. »

Son parcours témoigne en effet d’un goût certain pour le voyage et l’échange avec différents chercheurs. Elle a obtenu une licence et un master en mathématiques théoriques à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), tout en passant six mois à l’Imperial College de Londres et un an à Édimbourg.

« J’ai toujours beaucoup aimé la logique et l’esprit scientifique que l’on retrouve dans les mathématiques, se remémore Gabrielle De Micheli. J’adore élaborer une preuve avant d’arriver à une conclusion claire et nette. J’ai été positivement influencée par ma professeure de mathématiques au lycée, cette affinité avec mon enseignante a été précieuse. » Gabrielle De Micheli s’est plus tard orientée vers la cryptographie, en obtenant un master en informatique à l’université de Pennsylvanie, à Philadelphie.

Nadia Heninger, ma professeure américaine, m’a conseillé d’aller à Nancy rejoindre un groupe de chercheurs qu’elle connaissait bien.
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Gabrielle De Micheli est ainsi partie pour l’est de la France afin de passer son doctorat au Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications (LORIA, CNRS/Université de Lorraine/INRIA). Elle y a rejoint l’équipe CARAMBA où elle a travaillé sous la supervision de Pierrick Gaudry, directeur de recherche CNRS, et de Cécile Pierrot, chargée de recherche Inria. Une fois sa thèse soutenue avec succès au mois de mai, elle entame un post-doctorat à l’Université de Californie à San Diego, toujours dans le domaine de la cryptographie.

« Je cherchais un sujet qui me permettait d’utiliser mon bagage de mathématiques fondamentales, auquel je tiens beaucoup, dans un contexte plus appliqué, explique Gabrielle De Micheli. La cryptographie s’y prête bien, c’est un thème important qui se place au cœur de notre quotidien. » Elle s’intéresse en particulier à la cryptanalyse, un domaine basé sur la vérification des protocoles cryptographiques.

On s’assure que les problèmes mathématiques sur lesquels ils reposent sont suffisamment robustes et complexes pour ne pas pouvoir être cassés. L’idée étant que seule une personne possédant déjà la bonne réponse, représentée sous la forme d’une clé, peut accéder aux données protégées par un problème mathématique. Il faut donc à la fois améliorer les défenses, et proposer des attaques afin de tester leur solidité.

Au niveau des problèmes choisis, les travaux de thèse de Gabrielle De Micheli ont porté sur le logarithme discret. Elle s’intéresse à présent aux réseaux euclidiens et à des structures algébriques plus complexes encore. La jeune chercheuse a depuis publié cinq articles scientifiques, dont quatre en tant qu’autrice principale.

« Je suis ravie d’être lauréate du prix Jeunes Talents France L’Oréal-UNESCO pour les femmes et la science, se réjouit Gabrielle De Micheli, encore un peu surprise. Cette initiative permet de mettre notre travail en valeur, ce qui est très bénéfique pour nous autres jeunes chercheuses. La mise en avant de la recherche des femmes de science et ce soutien financier nous aideront à mener à bien nos prochains projets. »

Contact

Gabrielle De Micheli
Chercheuse postdoctorale à l'Université de Californie, San Diego